Bienvenue à l'Atelier de ANDREA LEONELLI

- peintures -
" figures peintes, des humeurs… "

Comme l'a souligné Willem De Kooning , " c'est bien absurde de créer, aujourd'hui, une image comme celle du corps humain avec de la peinture, c'est encore plus absurde de ne pas le faire ! "
Peindre des corps de femmes, c'est d'emblée s'inscrire dans la continuité de l'histoire de l'Art. Je mets les mains dans cette vieille pâte archaïque, qui consiste à parler du monde en peignant l'intime.

Alors je peins des femmes. Je suis peintre. Et je suis femme.
La réalité de tout artiste intervient bien sûr dans le 'faire' au cœur même de la toile. Et assurément mon travail se nourrit de ce que je suis, de ce que je ressens, mais il n'est pas mon corps.
C'est l'espace toile qui est espace intérieur.

Parler du moi et non plus se contenter de le représenter. Fuir l'anecdote. Mon travail ne s'attarde pas sur la représentation fidèle du corps dans son intégrité. Ce refus latent de conformité aux codes esthétiques interroge la notion de 'normalité', mais " il semble que cette voie de la monstruosité, (…) est un des moyens extrêmes offerts à une femme pour affirmer son existence (…) "*
Reste alors l'individu, brut, sans aucune parure. Impudique ?
L'image proposée est surtout déstabilisante, désécurisante ; la dérision opposée à l'idée du beau, du respect des formes, ne laisse pas indifférent. Le dialogue s'installe alors, entre le spectateur et la toile, qui lui montre un corps désacralisé (qu'il accepte ou refuse), et le renvoie à l'idée qu'il se fait de son propre corps.
L'espace toile devient reflet intérieur (de celui qui regarde).

Parlons peinture.
J'aime interroger l'écart entre la désarticulation de la figure (mise en pièce), et l'altération de ses contours (déformation). La violence fragmentaire et désordonnée comprise au premier abord, devient construction poétique. L' expressivité du geste agit comme un moteur afin d'éliminer les habitudes, d'ouvrir l'acte de peindre, ne plus préméditer. Pour prétendre à une plus grande liberté, il faut savoir laisser l'instinct prendre le dessus, ne pas chercher à fabriquer du beau, ne pas trop peindre, savoir laisser le travail dans un état d'inachèvement.

De même que ces corps, blessés, infirmes, amputés gardent en eux la mémoire (les traces) d'une existence corrompue, de même la peinture garde en elle les traces du travail en train de se faire (sur le corps de la toile).

Andréa Leonelli 2006

 

*Clarisse Nicoïdski romancière (ouvrages sur la peinture, des monographies et une " Histoire des femmes peintres ").

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